Heureux-ses, mais fatigué-es… nous finîmes ce dimanche 6 juin 2026 à 11h20, après 25h21’34 de course.
156e en temps réel / 121e en temps compensé / 30e TCF3
Frédéric, Yvan, Benoît, Guillaume et Lola
Tout avait commencé dans la lumière dorée de la matinée du samedi 5 juin, avec la conviction des audacieux: cap sur la rive suisse au spi. Le gros de la flotte a choisi la côte française… Dans le haut du panier, puis premiers de notre classe vers 16h grâce à l’option côte Suisse, toujours au spi dans un courant d’ouest établi, en moyenne à une vitesse de 7 noeuds, avec des pointes à 9. Puis à la hauteur de Evian, on se fait définitivement distancer. Entre Yvoire et Le Bouveret, la flotte a décidé de tirer des bords très courts, cherchant chaque souffle dans l’ombre côtière française. Nous on est allés jusqu’à Cully, toujours dans un bon flux ouest… et l’erreur a été de revenir trop tôt milieu de lac (ou pas, le lac est un vieux sphinx qui se moque des certitudes…)
Le passage de la barge s’est faite à 21h25, par les poils de la moustache. Pas de vitesse et le courant poussant en traître nous a même obligé à virer à quelques mètres pour ne pas enfoncer l’As dans le métal… et dans certains concurrents sympas. Le cœur serré, les mains crispées sur la barre, mais le sourire en coin que seuls les marins comprennent. Toujours une bonne ambiance à port-Valais!
La nuit s’étira sur le lac. Le retour a été à la hauteur des prévisions, avec des moments très très calmes et des jolis bords de près. Des moments de calme sous les étoiles — cette immobilité de l’eau noire qui fait tendre l’oreille et retenir son souffle. Puis des bords de près à 6-7 nœuds, avec même un ris pris pour quelques dizaines de minutes, la voile aplatie sous une petite brise et quelques ronflements. On est bien remonté la flotte en passant par le milieu du lac.
Et le dimanche matin arriva, jaune et doux, d’abord avec des risées timides de thermique côté Suisse, puis avec une légère brise de nord-est — cadeau final du Léman à ceux qui avaient tenu. La fin de la course s’est faite sous spi, avec une petite brise bien agréable au moment de ranger le bateau.
156e en temps réel, 121e en temps compensé, 30e en TCF3 : des chiffres qui ne racontent qu’une part de l’histoire. L’autre part, la vraie, est dans les yeux fatigués et fiers de cinq équipiers qui rangeaient ensemble les voiles dans la lumière du matin.